Nicaragua : le nouveau géant de l’industrie des cigares premium

Nicaragua : le nouveau géant de l’industrie des cigares premium

Situé entre le Honduras et le Costa Rica, le Nicaragua est le plus grand pays d’Amérique centrale. Surnommé « le pays des lacs et des volcans », il abrite une vingtaine de volcans, de nombreuses forêts tropicales et les deux plus grands lacs d’Amérique centrale, le Grand lac du Nicaragua et le lac Managua. Aujourd’hui 2ème pays producteur de cigares premium dans le monde, le Nicaragua a pourtant connu une histoire tumultueuse qui ne laissait en rien présager d’une telle ascension

Le développement de l’industrie des cigares nicaraguayens : histoire d’une renaissance perpétuelle

Le développement de l’industrie des cigares au Nicaragua ne date que d’une cinquantaine d’années. C’est en effet à la suite de la Révolution castriste de 1959 que des émigrés cubains ont commencé à développer la culture du tabac sur ses terres. Fuyant les nationalisations et les conflits, ils ont apporté avec eux des plants de tabac et un savoir-faire hérité de la culture traditionnelle cubaine. Développées autour de la ville d’Esteli, au Nord-Ouest du Nicaragua, ces plantations artisanales ont rapidement permis au pays de se hisser au rang des plus importants pays producteurs de cigares premium. C’est en effet durant cette période que certains des cigares nicaraguayens, comme le Joya du Nicaragua, ont été reconnu comme faisant partie des meilleurs cigares au monde. Ce module est d’ailleurs devenu le cigare officiel de la Maison-Blanche à la suite de l’embargo de 1962.

Mais cette ascension fulgurante a été stoppée net avec l’arrivée au pouvoir en juillet 1979 des forces sandinistes et le début de la guerre civile. Les combats ont en effet détruits une grande partie des plantations de la région d’Estreli et poussés les producteurs de tabacs à s’exiler dans les pays voisins. Pendant plus de 10 ans, la culture du tabac au Nicaragua resta ainsi au point mort et ce n’est qu’à la fin de la guerre, en février 1990, que les producteurs de tabac purent retrouver le chemin d’Estreli. Le début des années 90 marqua ainsi la renaissance de l’industrie des cigares nicaraguayens  qui profita du « boom » des cigares premium aux États-Unis pour s’imposer sur le marché international.

En 1998, cet essor fut stoppé une fois de plus dans sa course lorsque l’ouragan Mitch ravagea la majorité des récoltes de tabac du pays. Certaines régions du Nicaragua subirent en effet l’équivalent d’un an de pluie en seulement 4 jours avec pour conséquence la destruction totale de plus de 300 000 hectares de terres arables. Mais la force de résistance des producteurs de tabac nicaraguayens permis à l’industrie de se relever une fois de plus. Aujourd’hui, cette industrie représente une des principales ressources économiques du pays avec le café, le sucre et le coton. Tels le Phénix qui renaît de ses cendres, les cigares nicaraguayens portent en eux les traces de cette résurrection permanente. Ils témoignent ainsi de la force et de la résilience des hommes et des femmes qui les ont fait naître.

Les cigares nicaraguayens : une qualité premium

De nos jours, les cigares nicaraguayens sont reconnus pour la puissance de leurs arômes et leur qualité exemplaire. Selon Nestor Plasencia, l’un des principaux exportateurs de cigares nicaraguayens et digne hériter de la famille Plasencia, « personne n’a des sols aussi propices pour le tabac que le Nicaragua ». Avec ses terres volcaniques riches en fer et son climat chaud et humide, le « pays des lacs et des volcans » offre en effet des conditions idéales pour la culture du tabac. C’est cette nature riche et généreuse qui donne aux cigares nicaraguayens la puissance aromatique et la finesse qui ont fait leur gloire. On retrouve ainsi dans ces cigares des nuances boisées et terreuses typiques de ce terroir mais également des notes d’épices, de café et de noisettes. En fonction des régions de culture, ces goûts peuvent varier en intensité.

Mais si le terroir du Nicaragua permet la culture de plants de tabac de qualité, il n’explique pas à lui seul le succès des cigares nicaraguayens. C’est en effet grâce à l’attention et au savoir-faire des hommes et femmes qui les fabriquent que ces vitoles sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier. À l’heure actuelle, plus de 42 000 personnes travaillent ainsi dans les plantations, les séchoirs et les manufactures de cigares nicaraguayens. Grâce au savoir-faire artisanal importé de Cuba, la culture du tabac se transmet désormais de génération en génération et toujours avec le même souci du détail. Les feuilles de tabac sont ainsi minutieusement triées et seules les meilleures sont conservées pour être ensuite séchées. S’en suit une longue période de fermentation et de vieillissement durant laquelle chaque arôme va pouvoir se développer de manière optimale afin d’offrir des cigares aux saveurs puissantes et équilibrées. Chaque cigare est ensuite roulé à la main puis examiné sous tous ses angles avant d’être mis en boîte. 

Une success story mondiale

De nos jours, le Nicaragua compte plus de 5 000 marques de cigares dont certaines des marques les plus prestigieuses au monde tels que Padron, Oliva, Plasencia, Perdomo, AJ Fernandez, Don Pepin Garcia, My Father et Arturo Fuente. A noter aussi les marques Davidoff et Gurkha qui produisent des cigares avec du tabac Nicaraguayen.  En 2021, les États-Unis ont importés plus de 240 millions de cigares nicaraguayens contre seulement 129,5 millions pour leurs homologues dominicains. Le Nicaragua est ainsi devenu le principal exportateur de cigares premium aux États-Unis et le 2ème exportateur de cigares roulés à la main dans le monde. On le surnomme désormais le « nouvel Eldorado du cigare » et de nombreux modules nicaraguayens sont récompensés chaque année pour leur qualité. En 2021, le magazine Cigar Aficionado a ainsi élu le module Padrón 1964 Anniversary Series Torpedo « Meilleur cigare de l’année »

Depuis peu, la production de cigares nicaraguayens s’est développée dans le nord du pays autour des villes de Jalapa et Condega mais également au sud-ouest, sur l’île d’Ometepe. Ces nouveaux terroirs offrent ainsi de nouvelles perspectives pour l’industrie des cigares nicaraguayens et lui permettent de garder le cap sur l’avenir. 

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